
Piano Pleyel n°1619, année 1830.
Extrait de la présentation faite par Michel Chaillan (propriétaire du piano) qui a mené tout le dossier de restauration de l’instrument, le conduisant finalement à son classement aux monuments historiques.
« Cet instrument de salon, dont la conception est à l’opposée des piano Erard concurrents, et des
conceptions musicales de leur champion, Franz Liszt, s’inscrit dans une transition entre le
piano forte et le piano romantique, car s’il contient un certain nombre de caractéristiques
pouvant passer pour archaïques (pointage des cordes sur la périphérie de l’instrument, barrage
de barres métalliques sous la table d’harmonie, étouffoirs en éventail montés sur des
sautereaux et bloqués par un chapiteau), éléments évoquant irrésistiblement la facture du
clavecin, certains de ses composants, comme le sommier prolongé métallique dans les aigus
sont les prémices d’une évolution rapide vers le piano à cadre métallique, perdant peu à peu
ses caractéristiques sonores originelles avec l’adoption progressive des garnitures de marteaux
en feutre de laine en lieu et place des garnitures en peau, caractéristiques des piano forte et
piano pré-romantiques.
Mes consultations auprès des facteurs-restaurateurs de piano confirment l’ensemble de ces
constatations durant le premier semestre 2009, et l’idée d’une restauration se confirme car
l’état somme toute encourageant de l’instrument permet d’envisager de retrouver après
restauration le fameux « Son Pleyel » des années 1830, qui séduisit tant Chopin à son arrivée
à Paris fin 1831. »
Michel CHAILLAN
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